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En 1842, la Compagnie de la Baie d’Hudson obtient un nouveau bail pour le commerce des fourrures. Toutefois, ce bail ne lui restitue pas l’ensemble de ses privilèges : désormais, le territoire doit être partagé avec de nouveaux arrivants, les colons (Bouchard, 1988, p.52).
Dès l’année suivante, l’arpentage des terres est ordonné afin d’ouvrir la région à la colonisation. La Compagnie réagit rapidement: elle clôture les terrains déjà occupés, entreprend de nouveaux défrichements et met en culture des parcelles supplémentaires (Guitard, 1984, p.117).
Les installations situées en bordure de la rivière Métabetchouane bénéficient un temps de ces nouvelles arrivées, car l’équilibre se modifie avec l’arrivée de Peter McLeod à Chicoutimi, qui commerce directement avec les Premières Nations malgré le droit de priorité accordé à la Compagnie de la Baie d’Hudson. Face à cette concurrence, la Compagnie se tourne plus loin dans le territoire pour développer ses activités du côté du lac Saint-Jean. Parallèlement, la mission des Pères Oblats est réorganisée afin d’attirer davantage de Premières Nations vers cette nouvelle zone d’échanges (Bouchard, 1988, p.52-53).
Rivière Metabetchouan, [Vers 1890-vers 1965], Archives nationales à Québec, Collection Magella Bureau, (03Q,P547,S1,SS1,SSS1,D290), Photographe non identifié.
Rivière Métabetchouane. Centre d'histoire et d'archéologie de la Métabetchouane.
Malgré les efforts pour maintenir le commerce des fourrures dans la région, plusieurs facteurs entraînent progressivement le déclin du poste de traite anglais de la rivière Métabetchouane. L’éloignement des Premières Nations, la présence de David Price pour le commerce du bois dans la région de Péribonka, ainsi que le projet de reprendre l’ancien terrain jadis occupé par les Jésuites pour y ériger une chapelle contribuent à fragiliser la position du poste. À cela s’ajoute la fin du bail des Postes du Roi en 1859, qui coïncide avec l’expiration des privilèges d’exclusivité commerciale dans les Territoires du Nord-Ouest (Guitard, 1984, p.118-119). L’accumulation de ces éléments amène la Compagnie à remettre en question la pertinence de maintenir ses activités à Métabetchouane.
Par ailleurs, les Premières Nations déposent une requête visant à favoriser un nouveau développement dans les environs de la rivière Péribonka, afin d’adapter les postes de traite à leurs nouveaux déplacements (Guitard, 1984, p.118).
Dans cette perspective, un nouveau poste de traite est ouvert en 1867 à Pointe-Bleue, aujourd’hui connu sous le nom de Mashteuiatsh (Fortin, 1989, p.60). Dès lors, Métabetchouan passe progressivement au second plan.
En 1880, le commis Flanagan, responsable du poste, reçoit une lettre du bureau-chef lui ordonnant de préparer l’abandon du site. La Compagnie ne souhaite pas quitter la région immédiatement, mais, dans un souci de réduire ses dépenses, elle choisit de concentrer ses activités en un seul lieu (Fortin, 1989, p.60). Une transition s’amorce alors, marquant le déplacement progressif des opérations vers Mashteuiatsh.
Le Lac Saint-Jean poste [de traite] de la Pointe-Bleue, 1880, Archives nationales à Québec, Le Saguenay et la vallée du lac St. Jean... / par Arthur Buies., entre p. 222 et 223, ill. du bas, (0002727701).
Durant l’été 1880, le poste de Métabetchouane est définitivement abandonné au profit de celui de Mashteuiatsh. Certaines bâtisses, comme la cuisine et la résidence principale, sont démolies, déplacées et reconstruites sur la nouvelle rive, tandis que la maison et la grange demeurent sur place, laissées à l’abandon (Guitard, 1984, p.116). Rapidement, le poste de Mashteuiatsh s’impose comme le seul poste distinct du Saguenay, devenant le nouveau centre d’activité commerciale de la région (Guitard, 1984, p.120).
Aujourd’hui, sur le site du Centre d’histoire et d’archéologie de la Métabetchouane, un film en réalité augmentée permet de reconstituer le poste de traite anglais, une pierre commémorative rappelle également la mémoire de ce lieu.
Avec l’exploration et la découverte du territoire, le développement des postes de traite par les différentes colonies s’étend progressivement vers l’ouest du Canada. Les premiers postes de traite à apparaître sont donc français, puis anglais. Dans une logique géographique, avec les cours d’eau qui constituent alors le principal moyen de transport, les postes établis dans l’Ouest par les Anglais sont plus récents que ceux français de l’Est.
Carte des postes de traite du Canada. Centre d'histoire et d'archéologie de la Métabetchouane.
Le Centre d’histoire et d’archéologie de la Métabetchouane vous invite à venir vivre l'expérience d'un poste de traite avec son exposition dédiée à ce sujet. Venez comprendre l'importance des Premières Nations sur notre territoire, le rôle d'intermédiaire des coureurs des bois et voir l'ampleur de la présence des postes de traite à travers notre région, mais également à travers le Canada entier!
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