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Le Canada passe sous domination britannique, tandis que la Compagnie du Nord-Ouest et la Compagnie de la Baie d’Hudson étendent leur influence toujours plus loin à travers le territoire. Dans leur sillage se déplacent colons, Premières Nations et Métis, chacun cherchant à préserver ou à redéfinir sa place dans un espace en pleine transformation. Au fil des désaccords, des tensions et des conflits, les Métis émergent des affrontements, notamment lors de la bataille de la Grenouillère, avec une volonté accrue d’affirmation politique et culturelle. Les répercussions de cet épisode se diffusent progressivement et alimentent un mouvement plus vaste d’ouverture et de réorganisation des territoires (Barwell, 2018).
Malgré ce changement de régime, la prise de possession par les Anglais et les conflits dans l'ouest ne bouleversent pas immédiatement la colonisation des régions. Les premiers impacts se font surtout sentir à partir de l’Acte constitutionnel de 1791 et des tensions internes qui en découlent. Cette nouvelle législation permet à un seul individu de s’approprier un canton entier, créant des déséquilibres majeurs. Pour corriger la situation, le gouvernement adopte en 1826 une loi autorisant la vente de terres publiques et imposant des quotas sur la dimension des lots. C’est dans ce contexte que s’amorce véritablement la colonisation du Saguenay–Lac-Saint-Jean (Bouchard, 1988, p. 64).
Dès lors, le territoire doit être partagé de manière plus nette entre les différents acteurs : les colons, les Premières Nations et la Compagnie de traite.
Carte du Canada, 1791. Par ici la démocratie.
Plan of Tadoussac Post (détail montrant la ferme de la Compagnie de la Baie d'Hudson), 2 avril 1846. Archives nationales à Québec, fonds Ministère de l'Agriculute, des Pêcheries et de l'Alimentation (E9, S101, SS20, SSS2, P25B).
La présence de la Compagnie de la Baie d’Hudson freine toutefois le mouvement de colonisation du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Détenant les droits d’exploitation forestière de la région, elle n’a aucun intérêt à voir des colons s’y établir, puisque leur présence pourrait compromettre ses activités commerciales (Répertoire du patrimoine culturel du Québec, 2024).
Au milieu des années 1840, la colonisation du Saguenay s’essouffle. Plusieurs difficultés menacent alors l’avenir du mouvement: la concurrence exercée par la Compagnie de la Baie d’Hudson, le sentiment d’abandon envers le gouvernement, ainsi que les problèmes financiers des colons qui peinent à conserver leur lopin de terre (Bouchard, 1988, p.74-75).
En 1850, Jacques Crémazie enquête sur cette situation coloniale devenue presque une crise. Il identifie sept causes principales de cette dernière :
Le désappointement des colons face au climat rigoureux et à l’absence de commodités.
La difficulté d’acquérir une terre.
Le manque de chemins et l’absence totale d’organisation de la voirie.
La carence des lois en matière d’organisation communautaire et l’indifférence manifeste entre colons.
La baisse des exportations de bois et le chômage qui en découle.
Le manque de connaissances agricoles adaptées à ce nouveau milieu.
La difficulté d’accepter la tenure en franc alleu roturier. Sous le régime seigneurial, les colons pouvaient occuper une terre avec une certaine gratuité; sous le régime anglais, ils doivent désormais l’acheter (Bouchard, 1988, p.75-76).
Pour surmonter ces obstacles, la colonisation de groupe apparaît comme une solution prometteuse. Des sociétés de colonisation voient le jour, offrant un cadre d’encadrement et d’organisation destiné à soutenir et structurer le mouvement (Bouchard, 1988, p. 77).
Lac Saint-Jean. Centre d'histoire et d'archéologie de la Métabetchouane.
Comtés du Saguenay–Lac-Saint-Jean avant 1928. Société historique du Saguenay, P002, S11, P01255
En 1851, le canton de Métabetchouan connaît un véritable élan de colonisation. Vingt-neuf arpents et demi, dont vingt-sept déjà mis en culture, sont ouverts à la population. Les cinquante habitants de l’époque s’installent et cultivent diverses denrées : 23 minots de blé, 91 minots d’orge, 15 minots de pois, 74 minots d’avoine, 190 minots de pommes de terre et près de 3?000 minots de foin (Fortin, 1989, p.59).
Tout près du poste de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson, à proximité de la rivière Métabetchouane, s’installent les trois frères Boivin, reconnus comme les pionniers de la colonisation du territoire correspondant aujourd’hui à la ville de Desbiens. Deux d’entre eux se découragent et quittent le milieu, laissant Denis comme seul colon persévérant. Progressivement, grâce à l’association avec la paroisse de Saint-Jérôme et au développement des premières bases agricoles, le secteur commence à se structurer et à croître (Album souvenir, 1976, p.10).
Parallèlement, la colonisation s’intensifie autour du canton Caron, qui ouvre officiellement son territoire à l’arrivée de nouveaux colons (Bouchard, 1986, p.27).
En 1897, la Société de rapatriement du Lac-Saint-Jean voit le jour. Sa structure est imposante, son financement solide et son objectif clairement défini : favoriser le retour et l’établissement de nouvelles familles dans la région. Ses ambitions, à la fois nationalistes et patriotiques, visent à attirer des immigrants au Lac-Saint-Jean. La promesse de terres disponibles et de moyens de transport accessibles rend alors l’installation en région particulièrement attrayante (LeBlanc, 1985, p. 381-387).
Le Centre d’histoire et d’archéologie de la Métabetchouane vous invite à visiter son musée, situé au cœur de Desbiens, pour plonger dans l’histoire de notre passé. À l’occasion du 100e anniversaire de la Ville de Desbiens, une exposition itinérante temporaire est également présentée à travers la municipalité, permettant aux citoyens de revivre et de partager leur histoire collective.
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