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La présence européenne, désormais constatable, amorce une nouvelle étape : celle de l'implantation permanente à travers le territoire.
Au fil des années, les postes de traite se multiplient parmi les forêts profondes et les rivières sinueuses du Québec, tissant peu à peu les bases d'une toile commerciale qui redessine les liens entre les peuples et les paysages.
Scène de portage sur la rivière Metabetchouane, 1941, Archives nationales à Québec, Fonds Ministère de la Culture et des Communications, (03Q,E6,S7,SS1,D2,P1032), Gustave Bédard.
Peaux et fourrures d'un poste de traite. Centre d'histoire et d'archéologie de la Métabetchouane.
Progressivement, les postes transforment les relations avec les Premières Nations présentent sur le territoire. Ils forment alors des bandes de postes de traite, qui établissent les premières bases de la délimitation territoriale, tout en s'opposant aux intrusions potentielles (Piédalue, 2015, p.24).
Ces postes influencent d'autant plus les déplacements saisonniers. Les groupes autochtones s'ajustent aux exigences de la traite et une concurrence pour les meilleurs territoires de chasse se fait sentir.
Les postes s'attachent à leurs fournisseurs réguliers et encouragent l'installation des campements à proximité de leurs sites. L'attirance pour les postes est visible à travers les communautés, donc la subsistance dépend de plus en plus du commerce des fourrures.
On y échange des vivres, des armes et des outils. Tous ces éléments sont devenus essentiels dans un système d'échange désormais structuré (Piédalue, 2015, p.24).
Un peu comme des membres d'un groupe avec une carte fidélité, les Européens privilégient les alliances établies, échangeant principalement avec les groupes qu'ils connaissent.
L'emplacement d'un poste de traite à proximité de la rivière Métabetchouane semble un choix stratégique, et ce, pour trois raisons principales:
Premièrement, la rivière agit déjà comme un lieu de rassemblement important pour les Premières Nations.
Deuxièmement, le site se trouve sur un axe de transport déjà majeur à l'époque, reliant le Saguenay à la baie d'Hudson. Il s'agit d'un corridor naturel déjà fréquenté.
Troisièmement, l'embouchure de la rivière Métabetchouane forme un bassin naturel qui peut servir de havre pour les canots et les embarcations (Guitard, 1984, p.33).
Havre de Métabetchouan. Centre d'histoire et d'archéologie de la Métabetchouane.
Les objets échangés dans le poste de traite. Centre d'histoire et d'archéologie de la Métabetchouane.
Un autre avantage important de s'installer à Métabetchouan réside dans le positionnement logistique de la rivière. L'emplacement permet de diviser les longs voyages en deux étapes.
On peut y faire halte, entreposer des marchandises, se revitaliser et même avoir accès à des services religieux. Ces avantages sont disponibles autant pour les explorateurs européens que pour les Premières Nations présentes dans le secteur (Guitard, 1984, p. 34).
Tout semble alors avantageux pour s'installer à cet endroit, au croisement des eaux, des peuples, des ambitions et des pratiques.
Il est possible d'imaginer et d'émettre des théories sur la vie au poste de traite de Métabetchouan grâce aux objets épars retrouvés ainsi à certains registres anciens en provenance de Tadoussac.
Une maison est mentionnée dans les documents, assez grande pour y accueillir plusieurs hommes durant un hiver, entre 4 et 6. Il se peut également qu'une partie du poste de traite soit incluse à la maison, car Métabetchouan n'est pas seulement une mission.
Un engagé dormait probablement dans le magasin, car on ne laisse pas un magasin en pleine forêt sans garde, n'importe qui pourrait passer!
Selon les rapports des registres de Tadoussac, on s'éclaire à la chandelle, on possède des outils pratiques, on s'alimente assez bien. Viande, lait, produits dérivés du lait, blé, farine, blé d'Inde, pois, et bien d'autres, la liste d'aliments du poste est bien fournie.
Le poste de Métabetchouan comporte également un élément essentiel : une chapelle bien décorée, dédiée à l'accomplissement des missions religieuses. On mentionne d'autant plus la présence d'une grange et d'une étable pour les animaux (Guitard, 1984, p.41 à 47).
Le poste de traite. Centre d'histoire et d'archéologie de la Métabetchouane.
Le Centre d’histoire et d’archéologie de la Métabetchouane vous invite à venir vivre l'expérience d'un poste de traite avec son exposition dédiée à ce sujet.
Venez visiter notre reconstitution d'un poste, manipuler des fourrures issues de la traite et observer les objets des échanges entre les Premières Nations et les Européens. Une plongée sensorielle et historique au cœur des rencontres.
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